Le lendemain, au lendemain du rejet massif et retentissant des tarifs douaniers américains par la Cour suprême américaine, nous commençons à analyser la situation qui s'est présentée de manière plus « froide ». Pour ce faire, il faut cependant partir de la réaction à la phrase exprimée par le président Donald Trump en faveur d’une fiscalité supplémentaire visant à renflouer les caisses américaines.
Une réaction dure, comme prévu : “C'est un jugement extrêmement décevant. Certains juges sont une honte pour notre nation (pour mémoire, la mesure a été votée par 6 voix contre 3 et parmi les premiers il y avait aussi ceux des représentants nommés par le président lui-même, ndlr). Les tarifs restent en vigueur”. Et ce n'est pas tout : « Certains pays se réjouissent désormais, mais ils ne le feront pas longtemps. En fait, il y aura « de nouveaux tarifs globaux de 15 % ».
Devoirs américains : la réaction de Donald Trump
Or : au-delà des phrases toujours dures, et de quelques motivations assez curieuses comme dans le cas de la déclaration selon laquelle “…la Cour a été influencée par des intérêts étrangers”, il est inévitable d'essayer de comprendre ce qui va se passer. Le contentieux économique (lire sous « remboursements », sachant que plus de 1 000 poursuites ont été intentées par les importateurs devant les tribunaux de commerce pour les obtenir et il est probable que ce nombre est appelé à augmenter) constitue une question très embrouillée.
Donald Trump lui-même l’a évoqué, quoique de manière nuancée, affirmant que nous pourrions faire face à des procès qui dureraient des décennies. Ce qui est inquiétant (ceux à la Maison Blanche qui ont qualifié le plan B et le plan C de « voies de sortie » pour continuer à lever des fonds) sont deux aspects à ce stade. La première est liée à l’incertitude générale qui s’étend à nouveau, à mesure que le nombre d’analystes politiques et économiques accrédités soulignant la valeur politique de la sentence augmente. Et c’est qu’il s’agit d’un revers majeur pour l’administration, puisqu’elle affirme une fois de plus le rôle séparé des organes et des institutions, mais plus encore, elle renvoie la responsabilité aux responsables (c’est-à-dire le Congrès) sur des questions aussi brûlantes et urgentes.
Donald Trump – on le répète – devra faire face à ce nouveau scénario qui aura un impact sur son image. D'un autre côté, le magnat ne semble pas disposé à se retirer ou à céder d'un pouce et – au-delà d'avoir revendiqué les effets positifs provoqués par les droits – en réitérant qu'ils restent en vigueur, il a rappelé qu'il disposait également d'autres options. Parmi celles-ci, comme prévu, il y a l'imposition de droits globaux supplémentaires de 15% sur la base de l'article 122 du Trade Act de 1974, c'est-à-dire celui qui permet l'introduction de droits de douane jusqu'à ce taux, mais pour une période de seulement 150 jours. Et c’est ainsi.
Réactions du marché
Avant d'aborder l'analyse politique et diplomatique en Europe suite à l'arrêt, le monde économique a déjà souligné la nécessité de sortir de la zone grise sur le thème des droits de douane, qui alimente doutes et confusions avec des risques de répercussions graves sur les affaires. La position exprimée, en ce sens, par l'Uiv Unione Italiana Vini) résume bien le scénario : « Le vin italien ne peut pas faire la fête : risque d'impasse sur les exportations et effet boomerang sur le marché ».
La stratégie de l’UE et la réaction du Canada
Compte tenu de la satisfaction exprimée par le gouvernement du Canada, l'un des États les plus pénalisés par les droits de douane, qui a souligné à quel point les droits de douane étaient “injustifiés”, la position adoptée par l'UE est celle d'une attente vigilante de clarté. Concernant les droits de douane américains imposés à Bruxelles, un porte-parole de la Commission a déclaré: “Nous prenons note de la décision de la Cour suprême américaine et l'analysons attentivement. Nous restons en contact étroit avec l'administration américaine pour clarifier les mesures qu'elle compte prendre en réponse à cette décision. Les entreprises des deux côtés de l'Atlantique dépendent de la stabilité et de la prévisibilité des relations commerciales. Nous continuons donc de soutenir des droits de douane bas et de travailler à leur réduction.” En attendant, le Parlement de Strasbourg semble s'apprêter à reporter le vote sur l'éventuelle ratification de l'accord commercial Etats-Unis-UE prévu mardi 24 février.
L’effet (positif) sur les marchés boursiers
La nouvelle de l'arrêt de la Cour suprême des États-Unis a immédiatement rebondi et a également produit ses effets sur les marchés boursiers et financiers qui, rappelons-le, le 2 avril 2025 – jour de la première annonce rebaptisée “Jour de la Libération” – ont été frappés (comme à l'occasion d'autres déclarations) par de fortes baisses. Hier, vendredi 20 février, un effet exactement inverse s'est déclenché, notamment en Europe : Francfort a enregistré +0,87%, Paris +1,39%, Londres +0,56%, Milan +1,48%. Wall Street s'en sort également bien, avec le Dow Jones à +0,47%, le Nasdaq à +0,90% (22.808,38 points) et le S&P 500 à +0,69%.


