les droits de douane passent de 150% à 20-30% et de nouvelles opportunités d'exportation

les droits de douane passent de 150% à 20-30% et de nouvelles opportunités d'exportation

Le nouvel accord de partenariat entre l'Union européenne et l'Inde, signé le 27 janvier à New Delhi, ouvre une perspective sans précédent pour le vin européen et italien, jusqu'ici destiné à jouer un rôle marginal dans ce qui est aujourd'hui le pays le plus peuplé du monde. C'est ce que souligne l'Union italienne du vin (UIV), qui qualifie de “remarquables” les avantages commerciaux pour le secteur vitivinicole, grâce à une réduction significative des barrières tarifaires.

Droits sur le vin en Inde : réduction progressive jusqu'à 20%

Comme le rapporte l'Uiv, l'accord prévoit que les droits fédéraux indiens actuels sur les importations de vin, actuellement fixés à 150 %, seront immédiatement réduits de moitié, puis progressivement réduits, jusqu'à atteindre un seuil de 30 % d'ici sept ans.

Pour les vins dont le prix dépasse 10 euros la bouteille, le taux final sera encore abaissé à 20 %.

Selon l'association professionnelle, un accord séparé est également envisagé pour la protection des produits de marque, un élément considéré comme stratégique pour la protection des appellations européennes sur le marché indien.

Frescobaldi (Uiv) : « Le vin a besoin d’une diplomatie commerciale »

Le président de l'Uiv, Lamberto Frescobaldi, a défini l'accord UE-Inde comme une opportunité à long terme, tant du point de vue économique que géopolitique. Comme le rapporte l'Uiv, Frescobaldi a souligné comment le marché indien, caractérisé par une classe moyenne en croissance rapide, représente une opportunité concrète d'élargir la portée commerciale du vin italien.

Selon Frescobaldi, l'accord prend une valeur encore plus grande si l'on considère qu'environ 60 % des exportations de vins italiens sont désormais concentrées dans cinq pays seulement. Dans ce contexte, l'accord avec l'Inde – ainsi que celui avec le Mercosur, pour lequel l'UIV espère une application provisoire – est lu comme un signal de l'importance de la soi-disant « diplomatie commerciale » dans une phase marquée par des tensions géoéconomiques mondiales.

Chiffres des exportations : l’Inde toujours marginale, mais en croissance

Les données fournies par l'Uiv révèlent une situation de fort déséquilibre : par rapport aux exportations globales de vin italien d'environ 8 milliards d'euros, les exportations vers l'Inde se sont jusqu'à présent arrêtées à 2,6 millions d'euros, tandis que celles de l'ensemble de l'Union européenne n'atteignent que 7,7 millions d'euros. Une marge attribuée en grande partie au droit élevé de 150%, qui limitait fortement l'accès au marché.

L'accord UE-Inde, qui concerne deux zones économiques représentant ensemble près d'un quart du PIB mondial, devra désormais poursuivre son processus de validation et de ratification par les institutions européennes.

L'Inde, nouvel « eldorado » du vin ? L'analyse des producteurs

Le scénario tracé par l'accord est également partagé par plusieurs producteurs. Selon Diego Cusumano, l'Inde représente le nouvel « Eldorado » du vin italien, non seulement comme marché direct mais aussi comme porte d'entrée vers l'Asie du Sud-Est, y compris des pays comme la Thaïlande, l'Indonésie et le Vietnam, où la culture du vin est encore sous-développée et où la consommation par habitant reste faible par rapport à celle de la bière.

Cusumano souligne qu'avec les anciens droits de 150 %, un vin italien de qualité pouvait coûter 12 à 14 fois son prix initial, rendant de fait l'accès au marché prohibitif. Une dynamique qui a conduit environ 70 % des vins italiens exportés vers l'Inde à être placés sur le segment d'entrée de gamme, alors que les segments premium étaient majoritairement l'apanage de la production française.

Croissance accélérée des exportations de vins italiens vers l’Inde malgré les barrières

Malgré le contexte protectionniste, les données les plus récentes indiquent une croissance des exportations italiennes vers l'Inde. Comme l'ont rapporté les producteurs, les exportations auraient atteint une valeur d'environ 33 millions de dollars, avec une augmentation de +14% début 2026 et un volume d'environ 1 million de litres. L'Italie se positionnerait ainsi comme le deuxième fournisseur étranger de vin sur le marché indien, derrière l'Australie et devant la France, avec une part de marché de 17 % en valeur.

Vin, tourisme et made in Italy : un moteur stratégique

Selon les producteurs, l'accord UE-Inde représente également une opportunité transversale pour le tourisme et la promotion du Made in Italy. Le vin et la gastronomie sont indiqués comme des outils clés pour décrire les territoires italiens et stimuler le tourisme entrant, et pas seulement vers les destinations les plus connues.

Dans ce contexte, Cusumano a proposé une plus grande implication institutionnelle en termes d'investissements dans la communication et la promotion, suggérant une utilisation ciblée des ressources des ministères de l'Agriculture, du Made in Italy et du Tourisme, avec une gestion confiée directement aux producteurs et aux professionnels du secteur. Une stratégie qui, selon le fabricant, garantirait un retour en valeur plus élevé par rapport aux campagnes promotionnelles plus générales.

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