En 2025, la distribution de vin en Italie a cessé de courir après la croissance pour se concentrer sur la valeur, le positionnement et des choix plus éclairés. Romina Romano, Country Manager Italie des Grands Chais de France offre un instantané d'un marché en mutation, où le retour du Bordeaux accessible, la croissance des Crémants et l'attention portée aux prix redéfinissent la dynamique de la consommation.
Quel bilan peut-on faire des Grands Chais de France en 2025 et, plus généralement, de la distribution du vin en Italie ?
Le marché italien s'affirme comme un marché stratégique pour Les Grands Chais de France qui ont enregistré en 2025 plus de 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires au niveau mondial.
L'Italie, en particulier, a enregistré un chiffre d'affaires de plus de 11 millions d'euros, contre 2 millions de bouteilles vendues l'année dernière.
Notre pays représente 1% du chiffre d'affaires du Groupe, mais s'impose comme un marché dynamique capable de valoriser les Domaines et Châteaux les plus renommés au sein de l'offre Les Grands Chais de France.
Le moteur est avant tout le bordeaux rouge de base et la curiosité croissante envers les blancs et les crémants. C'est précisément sur ce dernier point que Les Grands Chais de France ont enregistré un essor en Italie avec plus de 1,1 million de bouteilles vendues.
Le consommateur italien est compétent et exigeant, sait reconnaître l'excellence et contribue au prestige et au positionnement de nos propriétés les plus représentatives.
Avez-vous remarqué des tendances particulières émergeant des commandes reçues de vos clients tout au long de l’année 2025 ?
Ces derniers mois, on constate notamment un intérêt pour les vins de Bordeaux, mais une précision s'impose. La région traverse une période de crise qui concerne principalement les vins fins et les données générales indiquent que la production a diminué de 43,6 % entre 1996 et 2024, comme le certifie l'American Association of Wine Economists (Aawe).
Mais là où l'on constate une tendance très intéressante, c'est avec les Bordeaux basiques ou Supérieurs, des vins équilibrés et élégants, qui ont des standards de qualité élevés et un excellent rapport qualité/prix : en rayon, dans la grande distribution, on les trouve entre 4 et 5 euros la bouteille. Dans ce segment spécifique, on constate l'intérêt du marché italien, confirmant que le consommateur veut bien boire tout en faisant attention à ce qu'il dépense.
Au total, l'Italie importe aujourd'hui environ 1,3 million de bouteilles de Bordeaux, dont 650 000 appartiennent à la catégorie de base des Bordeaux. Avec ces chiffres, notre pays se classe parmi les 30 premiers marchés importateurs au monde. Pour rappel : les Etats-Unis restent en tête avec environ 26 millions de bouteilles.
Parmi vos vins, quels territoires ont réalisé les meilleures performances en 2025 ?
Certainement la Bourgogne, où les blancs de Chablis et de la Côte de Beaune et les rouges de la Côte d'Or conservent une place importante pour ceux qui recherchent des vins frais, faciles à boire et ne vieillissant pas sous bois. Pour nous, des labels comme Maison Moillard et Chartron et Trébouchet confirment la vitalité de la région.
Quelles sont les nouveautés du catalogue des Grands Chais de France en 2026 ?
L'année dernière, nous avons finalisé l'acquisition de la Maison Bouey, l'une des rares entreprises familiales « indépendantes » encore présentes à Bordeaux. Il s'agit d'une opération stratégique, qui nous permet de renforcer notre présence sur le territoire, de consolider le portefeuille de marques et de confirmer l'ambition de devenir un partenaire de référence du vignoble bordelais.


