Le saviez-vous ?

Plusieurs termes existent pour classer les vins : grand cru, premier cru, vin de France, appellation d’origine contrôlée, indication géographique protégée… Mais connaissez-vous la différence entre une AOP et une IGP ? Ou entre un grand cru et un premier cru ? Je vous l’accorde, ce n’est pas toujours évident de s’y retrouver. Mais pas de panique, je vais faire le point sur ces différentes appellations pour que vous ne vous emmêliez plus les pinceaux et que vous puissiez distinguer un vin de qualité d’un vin bas de gamme. D’ailleurs, pour les amateurs ne connaissant pas encore le processus de fabrication d’un vin, n’hésitez pas à le découvrir ici.

Les VSIG et les IG :

Avant de vous parler des crus, il est nécessaire de faire le point, dans un premier temps, sur les deux grandes catégories de vin : les VSIG et les IG. En comprenant cette différence, vous saurez déjà si vous êtes en présence d’un vin de qualité ou pas.

Je ne vais pas m’attarder sur les « vins sans indication géographique », les VSIG, appelé également vin de France. Ils n’ont aucune contrainte de production : les producteurs n’ont pas de limite de rendement, vinifient comme ils veulent, utilisent les cépages qu’ils souhaitent… La notion de terroir est donc inexistante et nombre de ces vins sont souvent de faible qualité, même si parfois on peut tomber sur une perle rare (certains très bons vignerons décident par exemple de s’affranchir du système des IG pour gagner en liberté). Mon intérêt va plutôt se porter sur les vins avec indication géographique, nommé IG, qui sont bien plus intéressants à mon goût, parole de bouchon.

Qu’est-ce qu’un vin IG ?

On considère un vin comme IG lorsque l’on peut clairement identifier sa provenance. Il respecte un cahier des charges imposé, ce qui permet d’offrir une première garantie de qualité.

Quels sont les différents vins IG ?

Depuis la nouvelle réglementation européenne d’août 2009, il n’existe plus que deux sous-catégories : les IGP et les AOP.

Les IGP, signifiant indication d’origine protégée, a remplacé l’ancienne appellation vin de Pays. Ce sont des vins se situant entre le VSIG et le vin AOP. Ils proviennent de zones géographiques délimitées et sont soumis à un cahier des charges ainsi qu’à des contrôles de qualité. Les cépages utilisés pour fabriquer les IGP font partie d’une liste qui est propre à chaque région. Ces vins offrent un gage de qualité concernant le terroir.

L’un des grands vins issus d’une IGP, en l’occurrence celle du Pays d’Hérault, est la Grange des Pères de Laurent Vaillé.

Les AOP, signifiant appellation d’origine protégée, ont remplacé l’ancienne appellation AOC. Ces vins offrent un gage de qualité supérieure que les vins IGP puisque l’élaboration complète du vin doit se faire selon un savoir-faire reconnu et est réalisée dans une aire géographique délimitée. Prenez note que la reproduction d’un produit AOP est strictement interdite hors de son terroir. Les vins AOP ont un cahier des charges beaucoup plus strict que celui de l’IGP. Le mode d’élaboration et la viticulture sont très réglementés et contrôlés : la culture, la taille des vignes, le mode de récolte des raisins, le type de sol… sont des éléments qui sont pris en compte dans la réglementation de l’appellation. Contrairement aux vins IGP, l’aire de production des vins AOP est plus restreinte et la liste des cépages est moins large. C’est donc la notion de terroir qui fonde l’AOP.

Si vous souhaitez être sûr de consommer un vin de qualité, optez plutôt pour un vin qui contient, sur son étiquette, une mention AOP ou IGP et si vous aimez sortir des sentiers battus, n’hésitez pas à découvrir certains vins VSIG. En continuant la lecture, vous verrez plus loin que d’autres appellations vous permettront de savoir si vous êtes en possession d’un vin de qualité supérieure.

Par qui sont régies ces classifications ?

C’est l’INAO, signifiant l’Institut National des Appellations d’Origine, qui s’assure que le vin répond aux exigences imposées par le cahier des charges. L’institut va permettre de garantir la typicité de chaque vin en le reliant au savoir-faire de sa région.

Les différents crus

Maintenant que je vous ai expliqué la classification des vins, je vais vous apprendre à faire la différence entre les différentes notions de cru. Commençons d’abord par définir ce qu’on considère comme un cru.

Qu’est-ce que signifie un cru ?

La notion du cru permet de désigner une zone précise, comme un vignoble, une parcelle, le nom d’un domaine, un terroir ou encore le nom d’une commune. Il fait gage d’un niveau de qualité supérieur et s’applique uniquement aux vins AOP.

Quels sont les différents crus ?

On retrouve parfois, à côté du nom d’une AOP, les termes Grand cru, Premier cru, Deuxième Cru ou encore Grand Cru Classé. Ces termes indiquent que le vin en question a été produit sur une zone très spécifique et désigne un vin de qualité supérieure.

Comment sont hiérarchisés les crus ?

Pour hiérarchiser les Crus, on les numérote : Grand Cru, Premier Cru, Deuxième Cru… sachant que le Grand Cru est le plus qualitatif. Il représente 1,15% de la production d’AOP.

Le Grand Cru :

Les AOP Grand Cru sont liés au terroir. Ils prennent en compte l’enracinement des vignes ainsi que leur âge, l’altitude et le niveau d’ensoleillement des cépages. Ces éléments jouent sur la qualité des arômes et sur la structure du vin. Seules 5 régions possèdent des vins AOP Grand Cru : la Champagne, la Bourgogne, l’Alsace, le Languedoc-Roussillon et la commune de Saint-Emilion.

Le Premier Cru :

Les AOP Premier Cru sont également liés au terroir et notamment à la qualité des cépages ainsi qu’aux conditions naturelles telles que l’ensoleillement, l’exposition, le drainage… Seules 2 régions sont concernées par cette appellation : la Champagne et la Bourgogne.

La classification des vins de Bordeaux de 1855

La première classification des vins, qui est toujours d’actualité aujourd’hui, a été instaurée sous Napoléon III en 1855 à Bordeaux. Elle concerne seulement les vins de la rive gauche de la Garonne (Médoc et Graves) car ils dépendaient de la chambre de commerce de Bordeaux, qui avait participé à la réalisation de ce classement. Ce dernier comprend 5 niveaux de grands crus : il va du Premier Grand Cru Classé au Cinquième Grand Cru Classé, regroupant 58 châteaux classés.

Cette classification prenait pour critères non pas la dégustation, mais le prix des vins ainsi que la beauté des bâtisses des propriétés vinicoles. Les Premiers Grands Crus Classé, qui sont de nos jours considérés comme des vins d’exceptions, étaient les suivants :

  • Château Lafite – Pauillac
  • Château Margaux – Margaux
  • Château Latour – Pauillac
  • Haut Brion – Pessac, Graves

Puis ensuite vient le tour des Seconds Crus, qui représentent 12 châteaux, des Troisièmes Crus, qui représentent 14 châteaux, des Quatrièmes Crus, 11 châteaux et des Cinquièmes Crus, 17 châteaux.

Ce classement n’a subi aucune modification excepté le Château Mouton Rothschild qui est passé de Second Grand Cru à Premier Grand Cru en 1973.

Toutefois, cette classification n’est pas représentative de la qualité actuelle des vins car elle était basée sur les prix et non sur leurs propriétés organoleptiques, mais aussi parce que la plupart des châteaux ont amélioré depuis la qualité de leur production.

Les autres classements :

Depuis la création du classement de 1855, d’autres classements ont vu le jour et permettent ainsi de hiérarchiser l’ensemble des vins de Bordeaux :

  • Classement des Crus Bourgeois du Médoc, datant de 1932, qui est revu tous les ans
  • Classement de Saint-Emilion, datant de 1955, qui est revu tous les 10ans, comporte 82 domaines sur 3 niveaux de hiérarchisation : les Premiers Grands Crus Classés A (Pavie étant actuellement le seul, Ausone, Cheval Blanc et Angléus ayant annoncé se retirer de ce classement), les Premiers Grands Crus Classés B (Figeac, Canon, etc) et les Grands Crus Classés.
  • Classement des Graves, datant de 1959
  • Classement des Crus Artisans du Médoc, datant de 1989

 

Dorénavant vous saurez décrypter les différents termes présents sur une étiquette de vin. Vous pourrez définir s’il s’agit d’une AOP, d’une IGP ou d’un VSIG, qui sera un premier indicateur sur la qualité du vin. De plus, si la mention Cru est présente sur l’étiquette, vous saurez que c’est un vin de qualité supérieure. Pour en apprendre davantage sur les vins, consultez l’article Yquem 1847 et la légende de la pourriture noble, qu’est-ce qu’un second vin ou de quoi est composé le vin ?

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